🔥 Encore une hausse du gaz au 1er octobre 2026. Prise seule, c'est une augmentation de plus. Mais mise bout à bout avec les précédentes, elle raconte une autre histoire : pour un foyer qui se chauffe au gaz, le prix du kWh a grimpé de près de 48 % depuis janvier.
Et pendant que le prix monte, les aides se referment : depuis le 1er septembre, garder son chauffage au gaz peut faire perdre toute l'aide d'une rénovation d'ampleur. 2026 est une année charnière : mieux vaut l'anticiper que la subir.

Une hausse qui s'accumule, mois après mois
Au 1er octobre 2026, le prix repère de vente du gaz publié par la CRE (Commission de régulation de l'énergie) augmente encore : +8 % pour un foyer qui se chauffe au gaz (+6,3 % en moyenne, tous consommateurs confondus). Mais ce chiffre ne dit pas tout. En regardant l'évolution depuis janvier, on mesure la vraie tendance :
| Mois 2026 | Prix repère du kWh (TTC) | Évolution depuis janvier |
|---|---|---|
| Janvier | 0,099 € | Référence |
| Mars | 0,105 € | +7 % |
| Mai | 0,126 € | +27 % |
| Juillet | 0,128 € | +30 % |
| Septembre | 0,135 € | +37 % |
| Octobre | 0,146 € | +48 % |
Le chemin a été chaotique, pas linéaire :
- Forte flambée au printemps : environ +21 % en mai, sur fond de tensions géopolitiques ;
- Accalmies en juin et en août : environ -6 % puis -2 % ;
- Rebonds successifs : +8 % en juillet, +7 % en septembre, +8 % en octobre.
Mais la direction générale est claire, et elle est orientée vers le haut. La hausse de l'automne vient surtout du coût d'approvisionnement, c'est-à-dire du prix du gaz sur les marchés de gros. Une autre partie de la hausse est structurelle : elle vient de l'acheminement (la part réseau de la facture). Plus les foyers quittent le gaz, plus le coût du réseau se répartit sur moins d'abonnés, ce qui pousse mécaniquement cette part à la hausse.
Autrement dit : pour ceux qui restent au gaz, la facture a peu de raisons de redescendre durablement.
Ce que ça représente concrètement
Prenons un exemple. Un foyer qui se chauffe au gaz et consomme autour de 12 000 kWh par an (une maison correctement isolée de 100 m²) aurait payé environ 1 180 € par an pour ce poste au prix de janvier. Au prix d'octobre, la même consommation revient à environ 1 750 € par an.
Attention à ne pas tout confondre : +48 % est l'évolution du prix du kWh entre janvier et octobre, pas celle de votre facture annuelle, car les prix étaient plus bas en début d'année. Sur l'ensemble de 2026, la facture moyenne pourrait être environ 10 % plus élevée qu'en 2025, tous consommateurs confondus, selon Service-Public. Mais pour un foyer chauffé au gaz, l'hiver qui commence se paiera au prix le plus haut depuis le début de l'année : c'est justement la saison où l'on consomme le plus.
Chaque foyer est différent (consommation, isolation, type de contrat), et cette évolution concerne d'abord le prix repère de la CRE, qui sert de référence aux offres indexées (environ 60 % des ménages). Mais la tendance, elle, s'impose à tout le monde : les contrats à prix fixe subissent eux aussi la hausse de la part acheminement à leur prochain renouvellement.
Le vrai tournant : la réglementation a changé le 1er septembre 2026
C'est le point le plus important, et beaucoup l'ignorent encore. Depuis le 1er septembre 2026, l'aide MaPrimeRénov' « rénovation d'ampleur » (Parcours accompagné) ne peut plus être accordée pour une maison individuelle si le chauffage au gaz est conservé après les travaux. Ce n'est pas une partie de l'aide qui disparaît : c'est tout le dossier qui devient inéligible.
D'après les analyses juridiques publiées depuis, c'est la date de dépôt du dossier qui compte, même si le devis avait été signé avant. Les appartements, eux, ne sont pas concernés par cette règle. Et attention aux solutions « à moitié » : il n'est plus possible de financer une pompe à chaleur comportant un appoint fossile (une PAC hybride associée à une chaudière gaz, par exemple).
La mesure s'inscrit dans le plan d'électrification du gouvernement, qui vise un million de pompes à chaleur installées par an d'ici 2030.
Cette règle s'ajoute à des restrictions déjà en place (le fioul et le charbon étaient déjà exclus). Concrètement, pour un projet de rénovation globale, garder sa chaudière gaz revient désormais à renoncer à l'une des aides les plus importantes du dispositif. Le calcul change du tout au tout.
Autre changement du 1er septembre : le « par geste » se réduit à quelques travaux
MaPrimeRénov' « par geste » finance des travaux réalisés un par un, hors rénovation d'ampleur. Depuis le 1er septembre 2026, en métropole, il ne couvre plus que :
- la pompe à chaleur air/eau ;
- la pompe à chaleur géothermique ou solarothermique ;
- le raccordement à un réseau de chaleur (ou de froid) ;
- la dépose d'une cuve à fioul ;
- l'audit énergétique (hors obligation réglementaire).
Sont notamment sortis du dispositif : l'isolation (combles, rampants, toitures terrasses…), la ventilation, les équipements de chauffage au bois ou à la biomasse, les ballons thermodynamiques et le solaire thermique (hors outre-mer). Pour ces travaux, MaPrimeRénov' ne joue plus que dans le cadre d'une rénovation d'ampleur, qui les regroupe dans un projet global. D'autres aides, comme les primes énergie (CEE), peuvent encore s'appliquer selon les cas.
| Chauffage après travaux | Rénovation d'ampleur (maison individuelle) | MaPrimeRénov' par geste |
|---|---|---|
| Chaudière gaz conservée | ❌ Dossier inéligible depuis le 1er sept. 2026 | ❌ Non financé |
| Chaudière fioul ou charbon | ❌ Exclu | ❌ Non financé (seule la dépose de la cuve fioul l'est) |
| Pompe à chaleur air/eau ou géothermique | ✅ Compatible | ✅ Toujours financée |
| Raccordement à un réseau de chaleur | ✅ Compatible | ✅ Toujours financé |
| Poêle ou chaudière bois, granulés | ✅ Compatible | ❌ Plus financé depuis le 1er sept. 2026 |
Faut-il quitter le gaz pour autant ? La vraie question, c'est l'arbitrage
La pompe à chaleur est clairement la solution la plus favorisée aujourd'hui : c'est l'un des rares équipements encore financés « par geste », et son coût d'usage est souvent inférieur grâce à son rendement (elle restitue plusieurs kWh de chaleur pour un kWh d'électricité consommé).
Mais attention aux raccourcis : la PAC n'est pas une baguette magique. Pour être performante et rentable, elle suppose :
- Un logement correctement isolé, sinon on la surdimensionne et son rendement chute ;
- Un budget d'investissement : comptez 12 000 à 18 000 € posée (avant aides) selon la puissance et le type (air/eau, géothermie) ;
- Une configuration adaptée : place pour l'unité extérieure, réseau de chauffage compatible (radiateurs basse température ou plancher chauffant) ;
- Un modèle éligible : de nouveaux critères s'appliquent aux pompes à chaleur aidées depuis le 1er septembre, faites vérifier le modèle proposé avant de signer.
Les solutions bois (poêle, chaudière à granulés) restent pertinentes selon la configuration, mais elles ne sont plus financées « par geste » : elles s'envisagent désormais surtout dans le cadre d'une rénovation d'ampleur.
C'est pourquoi la bonne démarche n'est pas de foncer, mais d'arbitrer : quel est l'état de mon isolation, quel système pour quel budget, quelles aides mobilisables, et dans quel ordre ? C'est une décision qui se prépare, idéalement avec un audit énergétique préalable, qui reste d'ailleurs finançable par MaPrimeRénov'.
Pourquoi agir maintenant
Deux fenêtres se referment en même temps :
- Celle des prix : l'hiver qui commence se paiera au prix le plus haut depuis le début de l'année, et la part acheminement continue de grimper structurellement ;
- Celle des aides : depuis le 1er septembre, garder le gaz fait perdre l'aide d'une rénovation d'ampleur, et le « par geste » ne finance plus que quelques travaux. Rien n'indique un retour en arrière.
Attendre, c'est prendre le risque de payer plus, tout en bénéficiant de moins. L'enjeu n'est pas de céder à la panique, mais de reprendre la main : décider de son système de chauffage au bon moment, plutôt que de subir la prochaine hausse.
Ce qu'il faut retenir
- Près de +48 % sur le prix du kWh de gaz entre janvier et octobre 2026 pour un foyer chauffé au gaz.
- Depuis le 1er septembre 2026, une rénovation d'ampleur en maison individuelle qui conserve le gaz perd toute l'aide MaPrimeRénov'.
- Le « par geste » ne finance plus que les pompes à chaleur air/eau et géothermiques, le raccordement à un réseau de chaleur, la dépose d'une cuve fioul et l'audit énergétique.
- La PAC est favorisée, mais elle ne se substitue pas à une bonne isolation ; l'ordre des travaux est décisif.
- Un audit énergétique préalable évite les mauvais arbitrages coûteux, et il reste finançable.
C'est exactement le rôle de Rénov'Tout : faire le point sur votre logement, arbitrer entre isolation et changement de chauffage, chiffrer les scénarios et monter les aides mobilisables, pour que votre décision soit la bonne, au bon moment.
Sources : prix repère de vente du gaz de la CRE, profil chauffage, historique 2026 (relevé Kelwatt) ; Service-Public, hausse de 6,3 % du prix repère du gaz en octobre 2026 ; Service-Public, travaux exclus de MaPrimeRénov' au 1er septembre 2026, fiche MaPrimeRénov' et critères des pompes à chaleur ; arrêté du 25 août 2026 (Légifrance) ; analyse juridique sur la date de dépôt ; plan d'électrification du gouvernement (objectif d'un million de pompes à chaleur par an d'ici 2030).