Rénov. Énergétique

Gaz : +48 % depuis janvier, et les aides se referment. Pourquoi il faut arbitrer votre chauffage maintenant

Mis à jour en septembre 2026 7 min de lecture
Article mis à jour le 29 septembre 2026 Publié en juillet, cet article intègre désormais les prix d'octobre (près de +48 % depuis janvier pour un foyer chauffé au gaz), la règle MaPrimeRénov' sur le gaz entrée en vigueur le 1er septembre, et la forte réduction des travaux financés « par geste ».

🔥 Encore une hausse du gaz au 1er octobre 2026. Prise seule, c'est une augmentation de plus. Mais mise bout à bout avec les précédentes, elle raconte une autre histoire : pour un foyer qui se chauffe au gaz, le prix du kWh a grimpé de près de 48 % depuis janvier.

Et pendant que le prix monte, les aides se referment : depuis le 1er septembre, garder son chauffage au gaz peut faire perdre toute l'aide d'une rénovation d'ampleur. 2026 est une année charnière : mieux vaut l'anticiper que la subir.

Dessin humoristique Miss Lilou : les fausses solutions face à la hausse du gaz (vivre en canadienne, prendre des douches froides, manger cru)
Les vraies solutions ne sont pas celles-là. Au-delà de la boutade, la question est concrète : combien vous coûte encore votre chaudière gaz cet hiver, et à quel moment est-il rentable d'en changer ? Source : Illustration © Miss Lilou

Une hausse qui s'accumule, mois après mois

Au 1er octobre 2026, le prix repère de vente du gaz publié par la CRE (Commission de régulation de l'énergie) augmente encore : +8 % pour un foyer qui se chauffe au gaz (+6,3 % en moyenne, tous consommateurs confondus). Mais ce chiffre ne dit pas tout. En regardant l'évolution depuis janvier, on mesure la vraie tendance :

La vraie tendance en 10 mois Pour un foyer qui se chauffe au gaz, le prix repère du kWh est passé d'environ 0,099 € en janvier à 0,146 € en octobre 2026, soit une hausse d'environ +48 %.
Mois 2026Prix repère du kWh (TTC)Évolution depuis janvier
Janvier0,099 €Référence
Mars0,105 €+7 %
Mai0,126 €+27 %
Juillet0,128 €+30 %
Septembre0,135 €+37 %
Octobre0,146 €+48 %

Le chemin a été chaotique, pas linéaire :

Mais la direction générale est claire, et elle est orientée vers le haut. La hausse de l'automne vient surtout du coût d'approvisionnement, c'est-à-dire du prix du gaz sur les marchés de gros. Une autre partie de la hausse est structurelle : elle vient de l'acheminement (la part réseau de la facture). Plus les foyers quittent le gaz, plus le coût du réseau se répartit sur moins d'abonnés, ce qui pousse mécaniquement cette part à la hausse.

Autrement dit : pour ceux qui restent au gaz, la facture a peu de raisons de redescendre durablement.

Ce que ça représente concrètement

Prenons un exemple. Un foyer qui se chauffe au gaz et consomme autour de 12 000 kWh par an (une maison correctement isolée de 100 m²) aurait payé environ 1 180 € par an pour ce poste au prix de janvier. Au prix d'octobre, la même consommation revient à environ 1 750 € par an.

L'addition À ce niveau de prix, une consommation de 12 000 kWh/an coûte plus de 550 € de plus par an qu'au prix de janvier. Pour une maison mal isolée qui consomme 20 000 kWh, l'écart dépasse 900 €.

Attention à ne pas tout confondre : +48 % est l'évolution du prix du kWh entre janvier et octobre, pas celle de votre facture annuelle, car les prix étaient plus bas en début d'année. Sur l'ensemble de 2026, la facture moyenne pourrait être environ 10 % plus élevée qu'en 2025, tous consommateurs confondus, selon Service-Public. Mais pour un foyer chauffé au gaz, l'hiver qui commence se paiera au prix le plus haut depuis le début de l'année : c'est justement la saison où l'on consomme le plus.

Chaque foyer est différent (consommation, isolation, type de contrat), et cette évolution concerne d'abord le prix repère de la CRE, qui sert de référence aux offres indexées (environ 60 % des ménages). Mais la tendance, elle, s'impose à tout le monde : les contrats à prix fixe subissent eux aussi la hausse de la part acheminement à leur prochain renouvellement.

Le vrai tournant : la réglementation a changé le 1er septembre 2026

C'est le point le plus important, et beaucoup l'ignorent encore. Depuis le 1er septembre 2026, l'aide MaPrimeRénov' « rénovation d'ampleur » (Parcours accompagné) ne peut plus être accordée pour une maison individuelle si le chauffage au gaz est conservé après les travaux. Ce n'est pas une partie de l'aide qui disparaît : c'est tout le dossier qui devient inéligible.

D'après les analyses juridiques publiées depuis, c'est la date de dépôt du dossier qui compte, même si le devis avait été signé avant. Les appartements, eux, ne sont pas concernés par cette règle. Et attention aux solutions « à moitié » : il n'est plus possible de financer une pompe à chaleur comportant un appoint fossile (une PAC hybride associée à une chaudière gaz, par exemple).

La mesure s'inscrit dans le plan d'électrification du gouvernement, qui vise un million de pompes à chaleur installées par an d'ici 2030.

Cette règle s'ajoute à des restrictions déjà en place (le fioul et le charbon étaient déjà exclus). Concrètement, pour un projet de rénovation globale, garder sa chaudière gaz revient désormais à renoncer à l'une des aides les plus importantes du dispositif. Le calcul change du tout au tout.

Autre changement du 1er septembre : le « par geste » se réduit à quelques travaux

MaPrimeRénov' « par geste » finance des travaux réalisés un par un, hors rénovation d'ampleur. Depuis le 1er septembre 2026, en métropole, il ne couvre plus que :

Sont notamment sortis du dispositif : l'isolation (combles, rampants, toitures terrasses…), la ventilation, les équipements de chauffage au bois ou à la biomasse, les ballons thermodynamiques et le solaire thermique (hors outre-mer). Pour ces travaux, MaPrimeRénov' ne joue plus que dans le cadre d'une rénovation d'ampleur, qui les regroupe dans un projet global. D'autres aides, comme les primes énergie (CEE), peuvent encore s'appliquer selon les cas.

Chauffage après travauxRénovation d'ampleur (maison individuelle)MaPrimeRénov' par geste
Chaudière gaz conservée❌ Dossier inéligible depuis le 1er sept. 2026❌ Non financé
Chaudière fioul ou charbon❌ Exclu❌ Non financé (seule la dépose de la cuve fioul l'est)
Pompe à chaleur air/eau ou géothermique✅ Compatible✅ Toujours financée
Raccordement à un réseau de chaleur✅ Compatible✅ Toujours financé
Poêle ou chaudière bois, granulés✅ Compatible❌ Plus financé depuis le 1er sept. 2026
Ce que ça change pour vous Isoler seul, changer seulement sa ventilation ou installer seulement un poêle à granulés n'ouvre plus droit à MaPrimeRénov'. Les projets aidés deviennent des projets pensés dans leur ensemble : c'est précisément le terrain d'une rénovation d'ampleur bien préparée.

Faut-il quitter le gaz pour autant ? La vraie question, c'est l'arbitrage

La pompe à chaleur est clairement la solution la plus favorisée aujourd'hui : c'est l'un des rares équipements encore financés « par geste », et son coût d'usage est souvent inférieur grâce à son rendement (elle restitue plusieurs kWh de chaleur pour un kWh d'électricité consommé).

Mais attention aux raccourcis : la PAC n'est pas une baguette magique. Pour être performante et rentable, elle suppose :

Les solutions bois (poêle, chaudière à granulés) restent pertinentes selon la configuration, mais elles ne sont plus financées « par geste » : elles s'envisagent désormais surtout dans le cadre d'une rénovation d'ampleur.

L'ordre des travaux compte On isole d'abord, on change le système ensuite. Se précipiter sur une PAC dans une passoire thermique, c'est la garantie d'une déception : facture d'électricité qui explose, confort médiocre, rendement à peine meilleur que la chaudière remplacée. Sur ce sujet, notre article sur les vrais leviers d'isolation détaille les priorités.

C'est pourquoi la bonne démarche n'est pas de foncer, mais d'arbitrer : quel est l'état de mon isolation, quel système pour quel budget, quelles aides mobilisables, et dans quel ordre ? C'est une décision qui se prépare, idéalement avec un audit énergétique préalable, qui reste d'ailleurs finançable par MaPrimeRénov'.

Pourquoi agir maintenant

Deux fenêtres se referment en même temps :

Attendre, c'est prendre le risque de payer plus, tout en bénéficiant de moins. L'enjeu n'est pas de céder à la panique, mais de reprendre la main : décider de son système de chauffage au bon moment, plutôt que de subir la prochaine hausse.

Ce qu'il faut retenir

C'est exactement le rôle de Rénov'Tout : faire le point sur votre logement, arbitrer entre isolation et changement de chauffage, chiffrer les scénarios et monter les aides mobilisables, pour que votre décision soit la bonne, au bon moment.

Sources : prix repère de vente du gaz de la CRE, profil chauffage, historique 2026 (relevé Kelwatt) ; Service-Public, hausse de 6,3 % du prix repère du gaz en octobre 2026 ; Service-Public, travaux exclus de MaPrimeRénov' au 1er septembre 2026, fiche MaPrimeRénov' et critères des pompes à chaleur ; arrêté du 25 août 2026 (Légifrance) ; analyse juridique sur la date de dépôt ; plan d'électrification du gouvernement (objectif d'un million de pompes à chaleur par an d'ici 2030).

Partager Facebook LinkedIn

Notre conseil

Avant de subir la prochaine hausse, faites chiffrer les scénarios de sortie du gaz : pompe à chaleur, réseau de chaleur, bois ou granulés, en tenant compte des nouvelles règles d'aides. Rénov'Tout vous aide à arbitrer entre isolation et changement de chauffage, dans le bon ordre et au bon moment, et à mobiliser les aides encore disponibles.